Retour 2015 au pays

 

Récit de mission  du 8 au 22 mars 2015

Beaucoup d'émotions à l'aéroport de Port au Prince, où, un petit groupe d'enfants nous attend, les bras chargés de cadeaux. Nous en reconnaissons déjà quelques uns, ils ont grandi et bien changé, la fatigue du voyage et l'émotion nous laissent venir quelques larmes .Nous repartons tous ensemble dans le mini bus pour la maison Provinciale, où nous logerons une partie de notre séjour.

A peine arrivées nous organisons notre départ du lendemain pour le nord de l'île Cap haïtien départ prévu 5h du matin pas le temps de penser au décalage horaire !!!! mais le ciel bleu la température 30° Les paysages sublimes nous font tout oublier . Nous allons vivre quelques jours avec les jeunes filles du foyer Maman Marguerite à Cap Haïtien, elles sont au nombre de 53, et ont entre 6 et 17 ans, elles vivent en internat en raison de l'éloignement de leur famille ou parce que leurs parents ne peuvent s'occuper d'elles l'école est attenante au foyer, 1000 élèves arrivent chaque matin à pieds, en bus, en moto. Seulement 25% peuvent s'acquitter des frais de scolarité faute de moyens !
L'école commence à 7h et termine à 14h, l'après midi étant réservée aux devoirs et tâches diverses pour les élèves du foyer .Elles ne retournent dans leurs familles que pour les vacances scolaires. . Pas beaucoup de distractions pour ces jeunes filles, peu d'intimité et encore moins d'ouverture extérieure... Dans cette région la grosse difficulté est l'acheminement d'eau potable. Iil faut donc acheter des bidons d'eau plusieurs fois par semaine. C'est pour les responsables une grosse logistique coûteuse .

De retour à p/p nous nous arrêtons à l'école Don Bosco cité linteau où devait se dérouler une petite fête avec parents professeurs et enfants pour remercier Espoir sans Frontières des actions mises en place depuis deux ans : des petits déjeuners chaque matin pour les 300 enfants, ouverture d'une bibliothèque de livres scolaires depuis la rentrée 2015 ; et en projet la réfection du sol de la cour pour finaliser un terrain de volley. Les enfants s'entraînent sans marquage au sol, sans filet, juste un ballon de volley. Ils sont imaginatifs mais pas très performants. Ils n'ont pu l'an passé participer au tournoi entre écoles faute de préparation. (nous cherchons des donateurs pour finaliser ce projet)
Cette petite manifestation a dû être annulée en raison d'un massacre de 27 personnes devant l'école une semaine avant notre arrivée : conflits entre deux bandes rivales. La terreur sévit toujours dans ce quartier, ces gens étant imprévisibles .Nous avons rencontré les élèves du lycée technique section couture, cuisine et esthétique puis nous avons aperçu nos petites têtes brunes aux rubans blancs bien appliquées sur leur cahiers .
Nous rencontrerons les enfants parrainés quelques jours plus tard dans un autre lieu que celui de l'école, pour éviter les problèmes de jalousie dans ce contexte difficile.

Le lendemain dès 7 h du matin nous partons pour la vallée de Jacmel le sud de l'île pour une rencontre avec les enfants et les personnes âgées que nous soutenons pour une aide alimentaire. Mais avant ce périple de 3 heures nous traversons tout Port au Prince. La ville est en pleine activité, les petits marchés de poissons, légumes, fruits, riz et charbon prennent place sur le bord de la route dans la poussière, l'odeur de kérosène, et le bruit des klaxons. C'est déjà le blocus , une route unique pour quitter la ville un slalom permanent entre les voitures les bus, les piétons les nids de poule, les voitures en panne, nous frôlons l'accident en permanence.


Nous ferons une première halte à Thorlande où nous rencontrons les 4 petites de l'école Solidaire Sainte Thérèse. Nous en repartirons avec une boule au ventre tant la vie de ces enfants est difficile, beaucoup de pauvreté, une grande misère des parents sidéens et certains enfants porteurs de la maladie, des parents déficients et des enfants qui survivent, qui ne mangent pas tous les jours, ils sont beaux, propres et sourient. Comment font-ils ???. nous continuerons notre route en méditant.

La route qui nous conduit à Jacmel est une route de montagne. Nous traversons de nombreux villages où prennent place des petits marchés. Nous nous frayons un passage entre les animaux, les vendeurs de fruits et de légumes et camelots divers. Tout peut se vendre ici, un pneu, une pièce de voiture , une paire de chaussures usagée.......les 100 derniers kilomètres de terre battue sont remplacés par une belle route bien large creusée dans la montagne. Des ouvriers haïtiens maçonnent les bas-côtés. Un petit bain de foule dans la ville de Jacmel avec un arrêt à la banque pour un change d'argent ; accueil par la police ; contrôle d'identité et attente d'une heure pour cette opération banale. L’achat de fournitures scolaires pour l'école Nationale de Ternier dans un petit « lolo » nous prendra aussi pas loin d'une heure !!

Et puis la visite traditionnelle à nos  Personnes âgées


C'est une dizaine d'enfants que nous allons rencontrer dans des lieux différents, une lycéenne, des collégiennes et des petits de classes primaires. Dans cette zone rurale, le niveau des enfants est plus faible, encore beaucoup d'illettrisme chez les parents, le créole étant la langue d'échange. Pas d'activité pour les jeunes dans ce village, les attractions sont autour du marché, des offices religieux, d’un terrain de foot improvisé. Quelques motos faisant office de taxi. Il n’est pas rare d'être à 3 dessus avec des marchandises sur la tête et dans les mains, un père transportant sa famille sur son âne, c'est la région de culture d'agrumes .
Nous terminerons par la rencontre avec les personnes âgées pour le partage du bouillon du samedi midi.


De retour à P/P nous irons voir deux jeunes parrainés dans le cadre de leurs études supérieures. L'une en école hôtelière qui termine sa formation en juin et l'autre poursuivant des études pour être ingénieur agronome. Deux jeunes motivés et fiers de ce qu'ils font .

Le lendemain nous partirons pour le Foyer MAÏN de la croix des bouquets, à une trentaine de kilomètre de P/P. Ce foyer accueille des petites filles orphelines de 5 à 11 ans. Elles vivent dans des petites maisons individuelles encadrées par des « mamans » pour tenter retrouver une vie familiale, une éducation encadrée et soutenue par un accompagnement psychologique.
De beaux projets d'autonomie se mettent en place dans cette structure que nous soutenons ponctuellement en aide alimentaire. Nous en profitons pour leur acheter un sac de riz et quelques petits goûters, et depuis deux ans nous entretenons des échanges courriers avec une classe de cm2 d'une école Redonnaise..
Dans cette structure nous sentons une certaine sérénité, pas d'agitation, pas de cris de la vie. Une mini-ferme voit le jour, des plantations diverses de fruits et légumes, des ruches pour une petite production de miel, un bâtiment sort de terre. C'est la future boulangerie avec plus loin du terrassement pour un projet de pisciculture Toute leur production sert à leur propre consommation. A plus long terme le surplus sera vendu vers l'extérieur.Nous sentons cette année une prise de conscience d'autogestion se dessiner pour trouver des solutions et sortir de l'assistanat.


Un petit passage par l'Ambassade de France où nous demandons une reconnaissance d'Association active sur Haiti ce qui nous permettra de soutenir des projets tel celui de la pisciculture et d'obtenir des appuis financiers .


Nous terminerons nos échanges avec les enfants de cité soleil que nous trouvons un peu plus ouverts, s'exprimant mieux et pour la première fois ayant fait des lettres plus personnalisées. Certains la referont 4 fois !!!
Nos interrogations tournent toujours autour du choix du parrainage individuel pour ces enfants.Est- il approprié à cette population? Ils sont nomades, ils vivent des moments de violences inattendues, ils doivent se protéger, ils disparaissent quelques semaines, certains partent et ne reviennent plus. Pas facile de créer un lien durable avec son filleul… d'où la déception de certains parrains et aussi la difficulté de soeur Sylvita à renseigner de façon précise sur leur devenir. . Nos rencontres sélectives occasionnent de la jalousie entre les enfants et les familles. Ils ont tous besoin d'être aidés, d'ou l'idée d'un parrainage collectif qui chemine .
Nous avons dû suspendre 5 parrainages pour ces enfants pour cause de départ.
Nos deux partenaires Bernadette et Barbara sont nos relais. Nous leur avons redit l'importance d'entretenir des liens par les courriers et d’en améliorer le contenu afin de rendre un échange plus vrai . Le parrainage d'Haïti est récent et nous savons qu'il faut du temps pour arriver à corriger tous les petits disfonctionnements.

C'était une belle mission , de belles rencontres et beaucoup d'émotions.

Sylvie
Responsable des actions sur Haïti

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Quelques chiffres:
61% d'enfants haïtiens de moins de 5 ans souffrent de malnutrition
44 % de la population a moins de 18 ans
Un professeur en privé gagne 163 dollars US et en public 270 dollars US
Une consultation OPH coûte 40 dollars US
Un transport court en ville en camionnette coûte 0,21 dollars US
Une ouvrière d'usine gagne 5,21 dollars US /jour

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